Le voilier

Oumâ le voilier des passages

En termes marins Oumette ne plante pas des cachous. Cette coque de laquelle sort une aile ne perd pas son temps à piocher la mer pour y semer des graines craintives ou des chipotes, elle me bat sur tous les pronostics de relation au vent et de distance. C’est une aquarienne buveuse d’onde, doublée d’aérienne nourrie du grain vanné des vents.

Le voilier était un Gibsea 402 (ça n’est pas un modèle précédent la Peugeot 404). Ce sera le seul non construit par mes soins. Je le dénudais, puis le rhabillais d’une tenue de voyage, quatre portes furent débarquées – un coin de porte dans la tronche en mer, ça fait mal – isolation thermique ajoutée, circuit électrique et plomberie démontés et remplacés à neuf de A à Z ; WC itou, et je prie là le lecteur de m’excuser – endroit particulièrement acrobatique par gros temps, impliquant de la réflexion et un juste choix avant chaque opération, sinon de se retrouver en vrac, fesses loin du bol, le nez tordu contre la seule porte non débarquée – Gréement entièrement renouvelé, voiles changées ou renforcées, pilotes automatiques variés. Umâ, pour les initiés, avait le souhait de ces grands voyages. Lorsque nous l’avons rencontrée elle s’appelait Wega, elle rêvait, le mât dans les étoiles. Ca s’est passé comme ça : En laisse et en vente il lança une supplique, se refusant à d’autres convoitises peut-être moins voyageuses. Quelques sceaux, le pacte à peine scellé Umâ cristallisa les songes. Les miens, pris dans une tourmente, elle ne les abandonna pas, allant les apaiser au loin et nous dire que la vie sera ce que nous saurons en reconnaître de son essence.

ouma tropic 72

 

plan ouma 1