biographie

arc en cielVenue en Juin 1951 dans les Hautes Pyrénées, mon enfance puisa aux sources des montagnes du Haut Atlas marocain qui éveillèrent mes jeunes racines du sentiment de la Liberté. Le tissage de ces années lumineuses, les fils qui composèrent l’adolescence, puis l’âge adulte, je leur reconnais une valeur significative.                      Quelques fils se brisèrent, lors du retour de notre famille en France, à des données et soumissions différant beaucoup de l’imaginaire abstrait et physique de l’adolescent. Les rêves prémonitoires et les visions qui souvent me venaient, disparurent. Il fallu sauter dans un train en marche. Bienheureusement, la famille s’installa dans les Alpes, au pied du Mont Blanc qui nous gratifia d’un premier matin étincelant.

Mes études ne furent pas assimilées à leur propos, mais les espaces où elles désertaient, leurs silences, je les employais à fond. Cabanes dans les bois, escapades en montagne, musique, lecture, et ce qui fit probablement se réactiver l’étincelle : la présence et la rencontre de personnages fabuleux, romanesques pour qui l’Inutile avait du discernement, Frison Roche, Terray, Rebuffat, Lachenal… Ils apparurent, rayonnant de vraie vie.  Jeunes, nous nous mîmes alors, entre copains et en catimini, à gravir les sommets, les parois de roche, de glace et de neige, ce qui ramena la sensation de ma recherche. Des petits boulots j’en pris comme d’autres, pour accéder à l’indépendance financière. Quelques mois d’hivers plus lointains, j’allais à des tournées de ski acrobatique au sein d’une équipe aventurière. Baptêmes de l’air sous mon aile delta, gagnant mon pain à procurer des sensations aux vacanciers épris de massifs, puis pratique et degrés de pilotage en aviation légère. DhaulagiriLa haute montagne restait cependant le fil essentiel. Je vivrai alors mes années à l’air pur sur le granit, le calcaire, les neiges et les glaces à la suite de mon diplôme d’aspirant guide, puis de celui de guide de haute montagne, métier exceptionnel qui offre à la vie autant qu’à la mort, pourtant son essentiel n’est pas là, élevé à un ressenti d’infinitude où se dissipent les limites illusoires de l’âme. En 1982 je partais au large avec un ami bord de son voilier, découvrant l’océan, et une autre partie de moi-même. Singulièrement je retrouvais Dominique qui avait plus qu’ému mes dix huit ans, nous allions partager vingt six années.                                            En 1986, suite à un bobo commun aux genoux montagnards, le destin montra un signe : acte chirurgical manqué. L’incertitude et la souffrance ébranlèrent la confiance de quelques ans. Puis le flux se remit à sourdre, à couler en moi. Immobilisé, je me mis à lire plus que de coutume, jusqu’à des textes ne s’effrayant de vérités, encore qu’elles fussent pénibles à accepter, je les pénétrais et voulus les comprendre. Ainsi, – « Le seul responsable n’est autre que moi même, ce qui arrive gît en moi même, c’est le résultat d’actes commis par moi avec mon corps, ma parole ou mon esprit, soit en cette vie, soit en d’autres qui l’ont précédée. Ni dieux, ni hommes, ni démons n’en sont les auteurs. Se lamenter ne servirait à rien. » – Alexandra David – Néel, Lama Yongden.